29.5.10

la Légion tchèque et l'or de Koltchak












"L'histoire commence en 1918, lorsque Lénine nationalise la totalité des biens russes et étrangers. D'un seul décret, tous les comptes en devises étrangères sont gelés, et les dettes des gouvernements précédents annulées d'un trait de plume. Les réserves d'or et de pierres précieuses, les joyaux de la couronnes et le trésor de l'Eglise orthodoxe sont envoyés, sous la plus stricte surveillance, en partie à Nijni Novgorod, en partie à Kazan.
le point.fr (15-01-07)


"Au-delà de la Volga, dans l'Oural et en Sibérie (carte), la lutte contre le pouvoir soviétique se déploya largement à une échelle correspondant aux immenses espaces de l'Est. Cest le soulèvement des Tchécoslovaques qui donna la principale impulsion. Le rôle que joua au début le corps de troupes tchécoslovaques de 30 à 40 000 hommes sur le plan purement militaire et stratégique illustre concrètement la totale impuissance dans laquelle se trouvait le gouvernement soviétique au printemps et à l'été 1918 (...)
Anton Ivanovitch Denikine
Антон Иванович Деникин (1872-1947)


"Sur pression de leurs alliés occidentaux, courtisés par Masaryk et Benes, le Ministère des Affaires Etrangères du Tsar accepte en février 1917 la constitution d’une armée tchèque autonome en Russie. Les “Hussites” de la première heure inondent alors les camps de prisonniers de tracts appelant à l’engagement dans cette nouvelle armée mais les résultats sont maigres. Le nouveau gouvernement Kerenski à Saint-Pétersbourg regarde cette agitation avec méfiance mais ne souhaite pas contrarier Paris et Londres.(...)
Dans le cadre de la 3ème Armée russe, les “Hussites”, commandés par le Lieutenant-Colonel Lokocky, réussissent leur mission: faire de l’agitation panslaviste dans le dos de l’ennemi. En octobre déjà, près de Jaroslaw en Galicie, des éléments du 36ème Régiment d’Infanterie austro-hongrois et du 30ème Régiment de la Landwehr se rendent sans avoir résisté. (...)
La Paix de Brest-Litovsk met la Légion tchèque dans une sale position: elle risque d’être livrée à l’Autriche-Hongrie. Les Bolcheviks accordent le 15 mars 1918 un laisser-passer à la Légion, à la condition toutefois qu’elle n’intervient pas dans les conflits internes de la Russie. Masaryk décide d’évacuer ses hommes vers le Pacifique en empruntant le Transsibérien ; ensuite, ces soldats embarqueront à Vladivostok pour parcourir la moitié du globe et aller garnir le front français. Le 25 avril, effectivement, les premiers légionnaires tchèques atteignent le port sibérien d’Extrême-Orient; en mai, 14.000 autres soldats les rejoignent, en une douzaine de tenues différentes, sans armes, car les partis de la guerre civile russe les leur ont prises, en guise de péage pour les laisser passer.
Erich Koerner Lakatos (article paru dans la revue "Zur Zeit" de Vienne, 2006,traduction R.Steuckers.)




"Au printemps 1918, les Tchèques étant en train d'être évacués par la Sibérie vers Vladivostok, des différences surgirent entre eux et le gouvernement bolchevique de Moscou. Les Tchèques affirment avoir intercepté un radio destiné au soviet d'Irkoutsk, qui, outre d'autres raisons, prouvait que les Bolcheviques étaient d'accord avec les Allemands pour opérer le désarmement complet (déjà exécuté partiellement) des Tchèques, prélude à leur concentration dans des camps et à leur livraison à l'Autriche (...) La nuit du 25 an 26 mai commença le soulèvement tchèque sur toute la ligne du Transsibérien. L'ordre en fut donné par le général Gaïda, de Novo-Nikolayévsk, après réunion dans le salon d'une dame du monde qui n'a pas été sans jouer un rôle actif dans les coulisses de la vie politique sibérienne. (...)
(Le 18 juin 1918 Troik est prise par les légionnaires qui en profitent pour faire un massacre parmi les prisonniers austro-hongrois de langue allemande. Puis, le 10 août, ils prennent Kazan et mettent la main sur le trésor de la banque impériale russe, 651 millions de roubles-or. Ils remettent ce trésor, les fameux 8 wagons d'or, à l'amiral Koltchak, nouveau titulaire du pouvoir blanc.)
Avant la fin de l'année 1918, toute la ligne de l'Oural était prise, avec Perm et Oufa en avant de cette ligne. Mais, comme il s'amusait à faire restituer par les paysans les terres qu'ils avaient prises, à leur distribuer le fouet, à poursuivre les participants à la mort de la famille du tsar — 11 personnes sur 10 millions de morts russes — la courbe descendante de la destinée de Koltchak fut aussi rapide que l'ascendante. Au printemps 1919, (...) le parti socialiste-révolutionnaire, avec lequel sympathisait Gaida de même qu'en général tous les Tchèques, mettant la défaite du gouvernement de Koltchak sur le fait de sa politique nettement monarchiste, résolut, après l'évacuation d'Omsk, vers la fin d'octobre, de le renverser.(...) La révolte éclata, les derniers jours de décembre 1919, à Irkoutsk, c'est-à-dire dans le dos de Koltchak, alors à Nijné-Oudinsk. Le général Janin, chef des troupes alliées en Sibérie, et une notable partie des Tchèques risquaient d'être coupés par les partisans rouges, qui déjà se montraient non loin de la frontière de Mandchourie. Le général Janin et les Tchèques obtinrent le libre passage à condition de laisser arrêter Koltchak et de ne pas détériorer la voie ferrée en se retirant. Koltchak, arrêté, s'exclama avec une stupeur douloureuse : « Les Alliés m'ont trahi ! » Il fut fusillé à Irkoutsk vers le milieu de janvier 1920. L'armée tchèque se retira dès lors sans combat."
George Montandon,"Deux ans chez Koltchak et chez les Bolchéviques" (1923)



" L'expédition au fond du lac Baïkal n'est pas parvenue à remettre la main sur les stocks d'or de l'Empire russe prétendument coulés lors de la guerre civile russe (1917-1920), a annoncé jeudi un représentant de l'Institut d'histoire de Sibérie (Académie russe des Sciences) Dmitri Simonov.Peut-être les profondeurs du lac cachent-elles de l'or, mais il n'y a aucun lien avec les stocks d'or de l'Empire russe détenus à l'époque par Alexandre Vassilievitch Koltchak", a-t-il précisé à RIA Novosti. Les deux bathyscaphes, Mir-1 et Mir-2, étudiants le fond du Baïkal, ont effectué ces dernières semaines des plongées pour scruter le fond du lac. On prétend que le train contenant les stocks d'or de l'Empire russe aurait pu couler près du village Listvïanka.Examinant l'histoire des stocks d'or de l'Empire russe, on peut conclure qu'une de leurs parties a été perdue, mais pas dans la région du lac", d'après le chercheur. Il a ajouté que les stocks d'or continuaient d'alimenter les légendes, nées dans la plupart des cas des contradictions autour de la personnalité de Koltchak.
Alexandre Vassilievitch Koltchak s'est emparé des stocks d'or de l'Empire russe en 1918 à Kazan, lieu de conservation des avoirs d'or pendant la première guerre mondiale. D'après les données historiques, en 1920, tout de suite après l'interpellation de Koltchak, une partie de stocks d'or aurait été saisie par les bolchéviques. Une partie aurait été débloquée plus tôt par Koltchak afin d'acheter des armes, et certaines parties auraient été envoyées dans différents pays. Le reste aurait été saisi par un chef cosaque. "
Novossibirsk, 4 septembre 2008 - RIA Novosti
copy and paste directly in the URl:

http://www.youtube.com/watch?v=hKBeSUeGwhU


in english
the Czech Legion (photos)
Чешский Легион
american troops
Corto Maltese

5 comments:

  1. C'est un peu embrouillé, et ça risque d'empirer en allant plus à l'est.
    Il faut consulter les liens.Bon week-end !

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  2. je crois comprendre qu'on enchaîne sur le philo-bolchévisme.

    au moins, Daniel a déjà reconnu qu'il spéculait !

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  3. Avec toutes ces situations qui tiennent de l'invraisemblable, du tragique et un peu aussi du loufoque, il est bien normal que ça puisse paraître embrouillé. C'est du grand roman d'aventure tout ça et c'est fascinant. Nous bien assis devant nos ordis: spéculons humblement....

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  4. Toutes les conjectures sont autorisées, mais il est fort probable que l'or ait quitté la Russie. Pour où ? Sûrement vers les pays victorieux de ce premier conflit mondial !

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  5. Plutôt que l'or, je retiens que l'existence de la légion tchécoslovaque a pesé pour la création de la Tchécoslovaquie. Ce poids est peut-être comparable au fait que la France a été associée aux vainqueurs de 1945 grâce aux soldats de de Lattre et Leclerc...

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